Prime à la conversion : quels Français en ont le plus bénéficié ?

Automobilistes bénéficiant de la prime à la conversion

Fin 2019, les chiffres de la prime à la conversion 2018 sont tombés. Et le bilan fut très positif. Conçu pour accélérer la mise à la casse des véhicules polluants, ce dispositif a atteint sa cible : celle des foyers modestes.

La prime à la conversion (PAC) a offert la possibilité à des ménages principalement ruraux et aux revenus faibles de remplacer leur vieux véhicule polluant par une voiture moins émettrice de CO2. Présente dans le rapport du ministère de la Transition écologique détaillé par Les Echos, ce bilan socio-économique est jugé « globalement positif » pour la collectivité. Une bonne nouvelle pour le climat, comme pour les ménages.

Le succès de la prime à la conversion

Selon le Commissariat général au développement durable, c’est un peu plus de 253 000 personnes qui ont profité de la PAC pour envoyer leur vieille voiture à la casse et en récupérer une moins polluante, neuve ou le plus souvent d’occasion. Cette « prime à la casse » nouvelle génération, fut versée à tout automobiliste remplaçant un véhicule d’avant 2001 par une version essence ou diesel plus récente ou un véhicule électrique ou hybride rechargeable.

L’étude rapporte que 72 % des personnes qui en bénéficiaient en 2018 étaient non-imposables. La PAC a aussi permis d’exclure du parc automobile des véhicules âgés de 19 ans en moyenne, à grande majorité diesel (80 %). À la place, les bénéficiaires ont choisi des autos avec un taux d’émissions unitaire moyen de 106 gCO2 /km, contre 112gCO2/km en moyenne. Elles sont principalement gazole (48 %) et essence (47 %) tandis que 2 % d’entre elles sont électriques.

D’après le rapport du Commissariat Général au Développement Durable (CGEDD), « Pour l’ensemble des 253 000 véhicules de la base de données, le bilan socio-économique est un gain net collectif de 65 millions d’euros. Le principal gain, de 220 M€, provient de la réduction de la pollution atmosphérique aux particules fines et oxydes d’azote. Les gains en carburant sont de 75 M€. Les économies en matière d’entretien s’élèvent à 60 M€. »

La prime à la conversion plus sélective

Malgré un résultat global satisfaisant, il faut prendre en compte que le bilan de la prime à la conversion contient des disparités. En effet, c’est dans les zones les plus peuplées (+1.000 habitants au km2) que le bénéfice est le plus important car c’est « là que le coût social associé à la pollution atmosphérique est le plus élevé » explique le CGEDD. Pourtant, les ménages ruraux sont ceux qui ont le plus utilisé ce dispositif.

Élargie en janvier 2019, la prime à la conversion a été remise au goût du jour en août 2019. Suite à son succès, le seuil d’éligibilité a été durci (116 grammes de CO2/km contre 122) et le montant des primes a été revu à la baisse. La PAC concerne désormais uniquement les véhicules électriques, ceux classés Crit’Air 1 (hybride rechargeable notamment), ou les voitures Crit’Air 2 immatriculées après le 1er septembre 2019.