Voiture autonome : ces projets fous qui sortent dès aujourd’hui !

La crise de la Covid-19 a rebattu les cartes. Si les constructeurs automobiles historiques préfèrent désormais se concentrer sur la voiture électrique, des entreprises comme Google passent à la vitesse supérieure. Et l’ONU s’en mêle !

Qui n’a pas rêvé de se faire gentiment ramener à la maison par un véhicule sans conducteur ? Un peu comme dans les films et séries de science-fiction, où les héros font à peu près tout ce qui leur passe par la tête pendant que le véhicule trace sa route.

OK Google, ramène-moi à la maison !

Utiliser une voiture autonome est désormais possible, mais à Phoenix, aux Etats-Unis. La startup Waymo, filiale de Google, accélère. Depuis 2017, elle teste des « robotaxis » sans conducteur, que les utilisateurs peuvent commander via une application mobile.

Waymo indique ainsi que d’ici peu, 100% de leurs courses se fera sans chauffeur. Cette annonce toute récente contraste avec le recul d’autres startups sur ce secteur. Au premier chef, le célèbre service de VTC Uber qui reste « traumatisé » par l’accident mortel d’un de ses véhicules autonomes survenu en 2018.

Voiture autonome Waymo minivan

Waymo minivan – photo : Waymo

Cependant, Tesla, connue pour ses voitures électriques haut-de-gamme, se montre confiante et annonce être prête d’avoir « très rapidement les fonctionnalités de base d’une conduite autonome de niveau 5, qui est en gros l’autonomie complète, (…) dès cette année. »

Bientôt le food truck autonome ?

L’Europe n’est pas en reste, avec l’agence spatiale allemande (DLR), qui a dévoilé l’U-Shift en septembre dernier. Une navette polyvalente, puisqu’elle pourra non seulement servir de transport de personnes, mais également de livreur de colis. En outre, grâce à sa modularité, elle pourra être transformée en espace de vente itinérant. Demain, vous commanderez peut-être votre pizza dans un Food Truck 100% robotisé !

Food Truck autonome : U-Shift

U-Shift – photo : DLR

En attendant, les expérimentations de navettes autonomes se multiplient, y compris en France. L’entreprise française Navya vient ainsi de déployer une flotte de navettes au Centre national de tir sportif de Châteauroux. Elle expérimente également son système en environnement urbain – donc au milieu de la circulation – à Lyon, entre le tramway et le Groupama Stadium. La firme précise dans une interview accordée à BFM Bourse (1) qu’elle est présente dans 22 pays, comprenant la Corée et le Japon !

Navette autonome Shuttle Evo Nayva

Shuttle Evo – photo : M. Gounon, Navya

La Covid-19 retarde les projets des constructeurs historiques

Derrière ces nouveaux acteurs, les constructeurs historiques traînent la roue… Il y a 2 ans, BMW et Ford indiquaient vouloir sortir leurs projets de voiture 100% autonome dès 2021 alors que Nissan tablait sur un délai d’au moins 10 ans avant de proposer son premier modèle.

Toujours est-il qu’avec la crise sanitaire, les constructeurs automobiles préfèrent se concentrer sur des technologies plus matures et plus dans l’air du temps. Ils sont nombreux à sortir de leurs cartons des modèles électriques ou hybrides, espérant ainsi rafler des parts dans un marché en pleine expansion. C’est même devenu vital pour eux, car l’Union Européenne leur impose des normes d’émissions de CO2 de plus en plus drastiques.

Il est dommage que certains mettent de côté la voiture autonome, car ils pourraient capitaliser sur toutes les avancées technologiques permettant d’améliorer la sécurité routière : assistance et aide à la conduite, systèmes embarqués… Et puis, qui sait, demain votre voiture ira peut-être effectuer son contrôle technique toute seule !

Une boîte noire comme dans les avions !

Bien que la technologie de véhicule autonome soit de plus en plus perfectionnée, elle doit encore gagner la confiance des usagers. Pour ce faire, les dispositifs de sécurité vont se multiplier. Et les initiatives prennent une dimension internationale, voire diplomatique, puisque l’ONU s’en mêle. Ainsi, une soixantaine de pays ont voté pour l’adoption d’une norme internationale contraignante sur les systèmes automatisés de maintien de la trajectoire (ALKS).

Ce type de système ne pourra être utilisé qu’avec un conducteur au volant, ceinture attachée et sur des routes équipées d’une séparation physique entre les deux sens de circulation et où les cyclistes et les piétons sont interdits. Contraintes supplémentaires : la vitesse est limitée à 60 km/h et les écrans non dédiés à la conduite (internet, divertissement…) doivent être automatiquement déconnectés quand le conducteur reprend la main. Enfin, le véhicule autonome devra être équipé d’un système de stockage des données pour la conduite automatisée… autrement dit, une boîte noire.

Autant de contraintes indispensables mais qui expliquent la réticence de certains constructeurs à accélérer leur développement dans ce type de technologie.

 

(1) Navya déploie ses navettes autonomes à travers le monde