Comment Renault est devenu numéro un mondial de l’automobile ?

Il s’en est passé du temps depuis que l’entreprise des frères Renault, née à la fin du XIXe siècle, a sorti son premier véhicule : une voiturette réalisée à partir d’un tricycle De Dion-Bouton. Officiellement créée en 1899, la société est depuis devenue une multinationale, présente partout dans le monde. Histoire d’une saga incroyable.

La période qui nous intéresse remonte aux années 90. Les constructeurs automobiles accélèrent leur concentration face à la mondialisation rampante de l’économie. Les décennies précédentes ont vu des marques comme Talbot disparaître et Renault ne souhaite pas avoir le même sort.

La fusion ratée avec Volvo

La première tentative d’approche se fait avec le constructeur suédois Volvo. S’il a une solide réputation de fiabilité à toute épreuve, le suédois vend peu et cherche donc à s’étendre. Il prend ainsi une participation de 20% au capital de Renault dès 1990. Trois ans plus tard, il est question de fusionner les deux entreprises et le mouvement semble bien parti… sauf que l’Etat Français, jusque-là actionnaire principal de Renault, tergiverse et effraye les suédois. Volvo profite donc de la privatisation de Renault – et de son entrée en bourse en 1994 – pour céder ses parts.

L’avenir semble alors compromis pour le constructeur Français, qui voyait en Volvo un véritable partenaire industriel, lui permettant d’accéder à des marchés qui lui semblaient inaccessibles. Si les points faibles de Renault sont les continents asiatiques et américains, la mauvaise santé d’un constructeur japonais, Nissan, va tout changer.

La conquête du Japon

Nissan était déjà une belle entreprise. Une réputation de fiabilité incroyable ! La petite Micra des années 90 ne tombait pratiquement jamais en panne ! Un véritable bijou… et c’est peut-être ce qui a laminé la rentabilité de la firme. Car qui dit moins de pannes, dit moins de pièces détachées vendues.

Renault entame donc un rapprochement avec le japonais au nez et à la barbe de son concurrent DaimlerChrysler et dès 1999, l’Alliance Renault-Nissan prend forme : le Français acquiert 44,4% du capital du japonais et Nissan prend 15% de Renault.

Sous l’impulsion de son PDG Louis Schweitzer, le constructeur Français va ainsi accéder à des marchés qu’il n’osait espérer conquérir seul : les Etats-Unis, le Mexique et l’Asie. En outre, le groupe va accélérer son développement en Afrique et au Moyen-Orient. Parallèlement, Renault acquiert le roumain Dacia en vue de commencer une stratégie low-cost en direction des pays émergents.

La stratégie du low-cost

Ainsi, quelques années plus tard, Renault lancera sous la marque Dacia la fameuse Logan à 5.000 euros ! Nous sommes alors à l’aube des années 2000 et le nouveau PDG de Renault, Carlos Ghosn affiche des ambitions encore plus grandes !

Dès 2011, Renault se classe dans le TOP 10 des constructeurs auto. En 2014, les pays les plus friands de la marque sont la France, le Brésil, la Russie et l’Allemagne. Pour parvenir à ces résultats, l’entreprise a sérieusement revu sa gamme de modèles. Sous sa propre marque, elle a multiplié les lancements pour reconquérir le marché européen, sur lequel elle avait subi de nombreux échecs (Avantime, Vel Satis…) au début des années 2000. Si les Twingo II et Laguna III ne parviennent pas à séduire les acheteurs, les nouveaux modèles de Mégane et Scénic reçoivent un accueil plus favorable.

L’innovation électrique

Il y a six ans, Renault lançait déjà ses premiers modèles électriques : la Twizy – une deux places qui se faufile en ville – la Zoe et la Kangoo Z.E. Dès 2015, le constructeur devient leader européen sur ce segment.

Aujourd’hui, Renault revendique 5,27 millions de véhicules vendus au premier semestre 2017, en hausse de 7%, ce qui fait de lui le premier constructeur mondial de véhicules particuliers et petits utilitaires ! Mais sa position reste fragile, car les profits baissent : Nissan fait notamment face à un tassement des ventes aux Etats-Unis.