La reconnaissance vocale au volant est-elle sans danger ?

Reconnaissance vocale - © Daimler

La reconnaissance vocale est de plus en plus disponible sur des objets du quotidien, y compris les téléphones portables. Son avantage, dicter une tâche à exécuter : sms, mail, recherche internet, etc.

Mieux que le kit mains libres ?

La loi tolère le kit mains libres, car on n’est amendable qu’en cas de faute. Pour être précis, si le conducteur n’est pas en mesure d’effectuer « commodément et sans délai les manœuvres qui lui incombent » alors qu’il utilise son kit mains libres pendant la conduite, il peut se voir verbaliser (amende de 35€ mais aucun retrait de points). Toutefois, la reconnaissance vocale, elle, est autorisée en toute occasion et peut présenter des dangers lorsque l’on conduit.

Une étude américaine aux résultats éloquents

Des chercheurs de l’université de l’Utah ont mis au point des techniques nouvelles permettant de mesurer « la distraction cognitive » de jeunes conducteurs. Pour ce faire, ils ont installé un casque armé de capteurs sur 32 points de leurs corps. Le but ? Détecter les mouvements et les réactions de nos jeunes conducteurs. S’en est suivie alors une série de tests de conduite, dans de vraies voitures comme au sein de simulateurs.

Selon les premiers résultats, envoyer des messages écrits ou des mails sur son portable est plus distrayant qu’écouter la radio ou parler à d’autres passagers. Ce qui est en question ici c’est la concentration du conducteur : à l’évidence, ce dernier pense au message qu’il est en train d’envoyer. Mail rime souvent avec professionnel ; si l’automobiliste travaille en conduisant, il est clair que le danger est grand. Son esprit est tourné vers la formulation de ses phrases et non vers les éventuels obstacles présents sur la route. Il conduit alors son véhicule par automatisme, ce qui revient à un pilotage dont le conducteur est en partie absent.

Une incitation à l’imprudence

L’interprétation va même plus loin, estimant que le conducteur se croit plus prudent, car il est alors libre d’utiliser ses deux mains. Si la concentration est poussée à son maximum, il pourra plus facilement développer ce que les chercheurs appellent la « vision de tunnel » ou « l’inattention aveugle ». L’automobiliste distrait cessera ainsi de vérifier l’état de la route, ou encore il oubliera de regarder les angles morts et les rétroviseurs.

En novembre dernier, nous avions consacré un article aux dangers du téléphone au volant, insistant sur le fait que ce risque était mal perçu. La reconnaissance vocale n’échappe pas à la règle.

 

Crédit photo : © Daimler

  • MateoP

    il faut faire attention, je connais quelqu’un qui a renversé un cycliste parce qu’il était au téléphone sur sonkit piéton. la reconnaissance vocale c’est le même combat, ça fait qu’on a moins d’attention de ce qui se passe sur la route.