Allergies, vigilance au volant ! 

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La réglementation routière est claire : prendre le volant exige d’être en pleine possession de ses capacités physiques. Pourtant, pour les personnes souffrant d’allergies saisonnières, les effets de cette affection peuvent sérieusement compliquer la conduite. Avec l’arrivée du printemps et la hausse des concentrations de pollens, la prudence est plus que jamais de mise. 

Yeux irrités et larmoyants, démangeaisons, congestion ou écoulement nasal, salves d’éternuements… Ces désagréments sont bien connus des personnes allergiques. On oublie toutefois qu’un éternuement entraîne une fermeture involontaire des yeux. Un détail en apparence bénin, mais qui peut avoir des conséquences notables : à une vitesse de 50 km/h, une seconde sans visibilité correspond à près de 14 mètres parcourus à l’aveugle. 

Symptômes et traitement : un double impact sur la conduite 

Un spécialiste en médecine routière du groupe DEKRA alerte sur les répercussions possibles de l’allergie et de sa prise en charge sur la sécurité routière. Les réactions aux allergènes, comme le pollen, s’accompagnent fréquemment de fatigue, de somnolence ou de troubles de l’attention. Ces altérations diminuent la vigilance, avec des effets similaires à ceux observés lors d’une conduite en état de fatigue : réflexes ralentis, attention amoindrie et probabilité accrue d’erreurs. 

À ces symptômes s’ajoute parfois l’impact des traitements médicamenteux. Certains antihistaminiques dits de première génération peuvent induire une somnolence marquée et allonger le temps de réaction du conducteur. Les traitements plus récents limitent généralement ces effets, mais leur tolérance varie d’une personne à l’autre. Par précaution, il est recommandé de tester ces médicaments le soir, afin d’éviter toute altération de l’aptitude à conduire. 

Un cadre réglementaire précis  

Les allergies et leur traitement s’inscrivent dans une approche globale de l’aptitude à la conduite, définie par le Code de la route et l’arrêté du 28 mars 2022. Celui-ci rappelle que la conduite d’un véhicule motorisé nécessite des capacités physiques, cognitives et sensorielles suffisantes. Il appartient au conducteur d’évaluer son aptitude à conduire en fonction de son état de santé, de son niveau de fatigue, de sa vigilance, de sa mobilité ainsi que de la prise éventuelle de médicaments ou de substances susceptibles d’altérer ses capacités. Les affections médicales incluent l’ensemble des pathologies, symptômes ou déficits pouvant influencer la sécurité de la conduite. 

Ce cadre réglementaire souligne l’importance de ne pas sous-estimer les risques, d’autant plus que ceux-ci peuvent se cumuler : symptômes allergiques, effets des traitements, fatigue liée au trajet ou à sa durée. Face à ces enjeux, DEKRA formule plusieurs recommandations à destination des conducteurs concernés par les allergies saisonnières :

  • renoncer à conduire ou à circuler à vélo en cas de fatigue ou de troubles de la concentration ; 
  • remplacer régulièrement les filtres d’habitacle, notamment le filtre à pollen ; 
  • maintenir les vitres fermées et privilégier une ventilation avec filtration ; 
  • tester les effets des médicaments en les prenant en soirée ; 
  • respecter les consignes figurant sur la notice concernant l’aptitude à la conduite ; 
  • porter des lunettes de soleil pour limiter l’irritation des yeux ; 
  • éviter de conduire, ou interrompre son trajet, en cas d’éternuements fréquents et incontrôlables. 

En conclusion  

Karine Bonnet, directrice générale de DEKRA Automotive, rappelle un principe fondamental : la sécurité routière ne repose pas uniquement sur la fiabilité du véhicule ou la qualité des infrastructures, mais aussi sur l’état physique et mental du conducteur. Toute personne qui se sent affaiblie, fatiguée ou dont les capacités sont diminuées devrait s’abstenir de conduire. Si les allergies au pollen sont très répandues, elles n’en constituent pas moins un véritable facteur de risque sur la route. Anticiper la saison pollinique, gérer efficacement les symptômes et utiliser les traitements de manière responsable sont autant de leviers concrets pour renforcer la sécurité de tous. 

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